Pleine propriété
- Hak sewa
- Non.
- PT PMA et HGB
- Non. Le hak milik reste réservé aux citoyens indonésiens.
Juridique et fiscalité
Par Mathieu MAILLOT — 9 min de lecture

Bali attire chaque année de nombreux investisseurs étrangers tentés par l’achat d’une villa ou d’un terrain sur cette île réputée. Entre le rêve de propriété à Bali et la réalité administrative indonésienne, il devient indispensable de bien comprendre les différentes façons d’acheter, notamment face aux spécificités du droit local. Faut-il investir en nom propre, généralement via un leasehold ? Ou ouvrir une société PT PMA pour disposer d’un HGB et obtenir davantage de droits ? Cet article guide les investisseurs francophones à travers les options disponibles, leurs avantages respectifs, leurs contraintes, ainsi que les profils auxquels elles s’adressent.
L’accès des investisseurs étrangers au marché immobilier balinais dépend fortement de la forme de propriété choisie. Le hak milik n’est pas ouvert à un étranger. Le règlement gouvernemental n° 18 de 2021 fixe notamment les plafonds du HGB et du hak pakai sur une terre de l’État. Texte du règlement : PDF du règlement n° 18 de 2021. Il faut alors distinguer la détention en hak sewa et celle via une société locale, souvent une PT PMA.
Acheter une villa à Bali n’est donc jamais aussi simple qu’en France. Qu’il s’agisse d’immobilier locatif, de résidence secondaire ou d’exploitation hôtelière, chaque projet renvoie à un schéma juridique précis. On retrouve alors trois formules majeures : le leasehold en nom propre, la création d’une PT PMA avec HGB, et exceptionnellement certains montages hybrides pour des activités commerciales ou mixtes.
Même si un étranger ne peut pas obtenir le hak milik, il peut signer un hak sewa, souvent appelé leasehold. La durée et les conditions sont celles du contrat. Le renouvellement n’est pas automatique. Ce bail ne se confond pas avec le HGB ni avec le hak pakai, dont les durées suivent d’autres règles. La cession du droit restant n’existe que si le contrat l’autorise.
Cela reste aujourd’hui l’option favorite pour de nombreux investisseurs souhaitant investir dans l’immobilier de manière simplifiée, pour un pied-à-terre balinais ou une villa de vacances. L’acquisition se fait généralement sur plan ou via un notaire local, qui enregistrera le contrat devant l’administration foncière.
Une PT PMA peut, si l’activité et le règlement le permettent, porter un HGB. Elle peut convenir à une activité commerciale. Elle n’est pas la seule forme qui autorise une exploitation touristique. Un hak sewa n’est pas, à lui seul, une autorisation d’exploitation. Les conditions dépendent de l’activité, des autorisations, du zonage et de la structure utilisée.
En revanche, la PT PMA ne permet jamais d’accéder au Hak Milik, réservé aux citoyens indonésiens. Sa constitution n’ouvre pas, à elle seule, le droit de travailler en Indonésie ni celui de distribuer des dividendes. Ces points se vérifient selon l’activité, les autorisations et la fiscalité applicable.
Pour choisir le meilleur montage, il convient d’examiner tous les critères : droits accordés, coût global, risques, modalités de revente et traitement fiscal. Voici un panorama synthétique des points-clés à évaluer lorsqu’on souhaite acheter une villa à Bali ou lancer une activité sur l’île.
Le hak sewa confère l’usage prévu au contrat, pas la pleine propriété. La cession du droit restant n’existe que si le contrat l’autorise. Une PT PMA n’est pas, par principe, plus souple : la cession de parts dépend des autorisations requises.
La sécurité juridique ne dépend pas d’un seuil de durée. Elle se vérifie sur la qualité du contrat, le titre, les contrôles effectués et les droits effectivement accordés.
Un investisseur intervenant en nom propre supporte principalement la taxe annuelle sur la propriété (PBB) et la taxation sur acte (BPHTB) lors de la transaction. Avec une PT PMA, s’ajoutent des frais de création de société, de maintien comptable, et potentiellement une imposition sur le revenu si l’exploitation génère des bénéfices.
La fiscalité d’une location se vérifie selon l’activité, la structure et la situation du contribuable. La TVA, une retenue ou une imposition des dividendes ne s’appliquent pas automatiquement. Aucun taux n’est indiqué ici.
Un hak sewa en nom propre ne vaut pas autorisation de location touristique. L’exploiter sans les licences adaptées expose à un risque administratif et fiscal. Une PT PMA détenant un HGB est une voie utilisée pour une activité commerciale, lorsque le code d’activité le permet. Elle n’est pas, à elle seule, la preuve qu’aucune autre forme n’existe. Le montage se fait confirmer avant toute mise en location.
Cette distinction s’avère cruciale, car elle conditionne la rentabilité réelle de l’investissement immobilier locatif à Bali. Ceux qui franchissent la barrière réglementaire sans société prennent un sérieux risque administratif voire judiciaire.
L’achat d’une villa en leasehold engage surtout la responsabilité civile usuelle d’un locataire longue durée, qui contracte auprès du propriétaire local. Si la villa est détenue par une PT PMA, c’est la société qui assume toutes les obligations, fiscales comme sociales, avec une traçabilité renforcée des fonds et des bénéficiaires finaux.
Pour la revente, le bail leasehold s’assimile à une transmission de droit d’usage restant, tandis qu’une cessation via PT PMA prend la forme d’une vente des parts sociales, souvent jugée plus simple à organiser si la société est bien structurée et la documentation complète.
Voici un aperçu synthétique pour visualiser rapidement les différences fondamentales entre les modes d’achat et de détention de l’immobilier à Bali :
Pleine propriété
Durée
Location touristique
Fiscalité
Cession
| Critère | Hak sewa | PT PMA et HGB |
|---|---|---|
| Pleine propriété | Non. | Non. Le hak milik reste réservé aux citoyens indonésiens. |
| Durée | Celle du contrat. Ce n’est pas un plafond de 10 ou 30 ans. | Sur une terre de l’État, le règlement n° 18 de 2021 prévoit des plafonds successifs. Chaque étape se demande. Ce n’est pas un titre de 80 ans. |
| Location touristique | Le bail n’est pas une licence. Les autorisations se vérifient. | Une voie possible pour une activité commerciale, si le code et les licences le permettent. Pas la seule forme. |
| Fiscalité | Elle dépend de l’activité. Elle n’est pas, par nature, illégale ou limitée. | Elle dépend de l’activité et des bénéfices. Le montant se confirme. |
| Cession | Le droit restant, si le contrat l’autorise. | La cession des parts, selon les autorisations requises. |
Choisir entre une détention en nom propre via leasehold ou la constitution d’une société PT PMA dépend non seulement de votre projet, mais aussi de votre appétence au risque et à la formalité administrative. Chaque schéma correspond à des besoins différents, et certains investisseurs avisés optent pour une combinaison parfaitement légale des deux, selon leurs objectifs patrimoniaux.
Pour les acquisitions destinées à un usage strictement résidentiel – maison de vacances, retraite, séjour régulier – le leasehold simple procure un cadre sécurisant, peu coûteux, avec des démarches allégées. En revanche, toute volonté de gérer une activité lucrative, de mettre en location ou de prévoir une succession facilitée oriente vers la structure PT PMA, malgré son poids administratif supérieur.
Un trust ou un prête-nom n’est pas un cadre présenté ici comme sûr. Les effets sur le bail se vérifient sur le contrat et avec un juriste. L’annulation et l’éviction ne sont pas automatiques.
Avant d’envisager d’acheter une villa à Bali, de nombreuses questions pratiques méritent clarification. Voici quelques réponses concises pour compléter le tour d’horizon.
Les investisseurs étrangers ne peuvent jamais détenir directement le Hak Milik (pleine propriété). Seuls les baux longue durée (leasehold) ou un droit d’usage via PT PMA sont accessibles ; toute promesse contraire relève de la fraude.
La loi protège uniquement le droit de jouissance temporaire ou l’usage commercial, jamais la possession totale du sol par un non-citoyen indonésien.
Outre l’absence de pleine propriété, le risque principal vient de la mauvaise rédaction du bail, d’un renouvellement incertain, ou d’un partenaire local peu fiable. Un passage obligé chez le notaire spécialisé et la consultation d’avocats expérimentés limitent considérablement ces dangers.
La revente est plus difficile sur un bail court. Privilégiez toujours un leasehold long, vérifié par écrit avec mention des conditions de renouvellement et d’héritage.
Une PT PMA peut être envisagée pour une activité touristique ou pour structurer un projet plus large. Elle ne s’impose pas par principe pour toute location. Les licences et le code d’activité se confirment avant le lancement.
Mais attention, sans projet d’activité ni exploitation commerciale, la lourdeur administrative de la société peut rebuter ceux venus rechercher une simplicité absolue à Bali.
Bali reste l’une des destinations phares pour ceux qui souhaitent associer plaisir de vivre sous les tropiques et placement valorisant. Pourtant, investir dans l’immobilier à Bali exige de se plier à la réalité locale, loin des règles hexagonales. Le choix du montage dépendra toujours de votre profil, de vos ambitions et de votre horizon d’investissement.
S’entourer de juristes francophones spécialisés permet d’éviter les erreurs classiques : baux hasardeux, sociétés de “prêt-nom”, oublis fiscaux... En anticipant les évolutions réglementaires et en privilégiant la sécurité juridique, chaque investisseur pourra tirer le meilleur parti d’un marché qui, malgré son dynamisme, n’a rien d’un eldorado sans risque.

Nous accompagnons les investisseurs francophones dans leur recherche à Bali et Lombok : emplacement, budget, structuration et sélection des projets.