Location d’un terrain ou d’un bâtiment
- Ce qui est établi
- Le règlement n° 34 de 2017 fixe un impôt final de 10 % du brut, et exclut les services d’hébergement.
- Ce qui ne l’est pas
- Une location touristique n’est pas automatiquement à ce taux.
Juridique et fiscalité
Par Mathieu MAILLOT — 7 min de lecture

Bali attire de plus en plus d’investisseurs francophones, séduits par ses paysages, la douceur de vivre et le dynamisme de son marché immobilier. Derrière cet engouement, il devient vite essentiel de comprendre la fiscalité immobilière à Bali, dès lors que l’on souhaite y investir. Entre règles locales, exigences françaises et la convention fiscale France-Indonésie, mieux vaut anticiper chaque étape : acquisition, gestion locative, revente… Voici un panorama clair des particularités fiscales pour éviter les mauvaises surprises et respecter vos obligations en tant qu’investisseur à Bali.
Pour un Français souhaitant investir à Bali, plusieurs alternatives existent : détenir un bien en nom propre ou passer par une PT PMA (société étrangère). Ces choix entraînent des conséquences différentes du point de vue de la fiscalité, tant concernant l’impôt sur le revenu en Indonésie que sur la fiscalité française. Il est donc important de se référer au bulletin officiel des finances publiques : BOFiP — convention fiscale France-Indonésie.
L’achat direct en nom propre est limité par le régime foncier local, qui réserve la pleine propriété (Hak Milik) aux nationaux. Les étrangers ont accès au droit d’usage (“Hak Pakai”) ou peuvent créer une PT PMA. Cette structure permet de maîtriser légalement un bien immobilier à Bali, mais implique une comptabilité d’entreprise et soumet les bénéfices réalisés au régime fiscal indonésien applicable aux sociétés étrangères.
La location saisonnière constitue souvent la principale source de revenus locatifs à Bali pour les investisseurs français. Mais la fiscalité diffère selon le mode de détention du bien et la résidence fiscale du propriétaire. Le régime fiscal indonésien prévoit diverses obligations et taux pour ces revenus générés localement.
Un particulier non-résident percevant des loyers à Bali devra s’acquitter d’une retenue à la source sur les revenus encaissés, généralement fixée à un taux forfaitaire par l’administration indonésienne. Pour ceux qui passent par une PT PMA, les bénéfices distribués sous forme de dividendes suivent un autre traitement fiscal.
Le mode de détention et la résidence fiscale changent l’impôt. Le règlement gouvernemental n° 34 de 2017 fixe un impôt final de 10 % du brut sur la location d’un terrain ou d’un bâtiment, et en exclut les services d’hébergement. Une location touristique ne relève donc pas automatiquement de ce taux. Une villa qui encaisse 30 000 euros de loyers n’en conserve pas le montant brut : l’impôt dû se calcule selon l’activité réelle. Le justificatif de paiement reste nécessaire en Indonésie et, le cas échéant, en France. Texte du règlement : PDF du règlement n° 34 de 2017
Le mode de collecte dépend de l’activité. Il ne faut pas en déduire qu’un seul taux vise à la fois l’hébergement touristique et la location d’un terrain ou d’un bâtiment.
Un résident fiscal français déclare aussi ces revenus. L’article 6 de la convention fiscale franco-indonésienne permet à l’Indonésie d’imposer les revenus du bien situé sur son territoire. La convention organise ensuite une méthode pour limiter la double imposition. Elle ne supprime pas la déclaration en France, et elle ne garantit pas un crédit exactement égal à l’impôt indonésien. Le calcul se fait avec un fiscaliste, justificatifs à l’appui. Texte de la convention : PDF de la convention fiscale France-Indonésie
Le montant réellement payé en Indonésie est celui qui pourra être rapproché de l’impôt français, dans les limites de la convention. Aucun taux de 15 % n’est à retenir comme règle.
La possibilité de réaliser une plus-value lors de la revente d’un bien à Bali intéresse de nombreux investisseurs. La taxation des plus-values dépend du statut du vendeur (personne physique ou via PT PMA), de la résidence fiscale et des accords bilatéraux entre la France et l’Indonésie.
Le règlement gouvernemental n° 34 de 2016 fixe un impôt final de 2,5 % du brut sur certains transferts de droits sur un terrain ou un bâtiment, avec des cas à 1 % et à 0 %. La cession d’un hak sewa n’entre pas automatiquement dans ce texte. Côté français, la plus-value d’un résident se déclare selon les règles applicables aux biens situés hors de France. Texte du règlement : PDF du règlement n° 34 de 2016
L’article 6 de la convention permet à l’Indonésie d’imposer la plus-value d’un bien situé sur son territoire. La France peut néanmoins exiger la déclaration. Le crédit d’impôt, s’il s’applique, se lit dans la convention et se vérifie avec un fiscaliste. Il n’est pas automatiquement égal à l’impôt payé en Indonésie.
La base taxable et les formalités varient selon que la détention soit directe ou via une société PT PMA. Dans tous les cas, la production de documents officiels reste incontournable pour justifier la situation auprès des deux administrations fiscales.
En cas de revente par l’intermédiaire d’une PT PMA, la transaction prend la forme d’un transfert de parts sociales ou d’actifs immobilisés. La taxation des non-résidents suit alors le régime des sociétés, avec déclaration et éventuelle retenue à la source sur les dividendes versés au bénéficiaire final.
Voici les trois points à retenir, sans les simplifier :
Location d’un terrain ou d’un bâtiment
Résident fiscal français
Cession
| Situation | Ce qui est établi | Ce qui ne l’est pas |
|---|---|---|
| Location d’un terrain ou d’un bâtiment | Le règlement n° 34 de 2017 fixe un impôt final de 10 % du brut, et exclut les services d’hébergement. | Une location touristique n’est pas automatiquement à ce taux. |
| Résident fiscal français | Les revenus se déclarent aussi en France. L’article 6 permet à l’Indonésie d’imposer le bien situé sur son territoire. | La convention ne garantit pas un crédit égal à l’impôt indonésien. |
| Cession | Le règlement n° 34 de 2016 vise certains transferts, à 2,5 %, et dans des cas à 1 % ou 0 %. | La cession d’un hak sewa n’entre pas automatiquement dans ce texte. |
La double imposition se vérifie avant d’investir. Le traitement fiscal dépend de la situation du contribuable, de la nature des revenus et des dispositions applicables de la convention franco-indonésienne. Un crédit d’impôt n’est pas systématiquement acquis.
Le rapprochement avec l’impôt français, lorsqu’il existe, se lit dans la convention et se vérifie avec un fiscaliste. Il suppose une déclaration complète et la conservation des justificatifs.
Naviguer entre les régimes fiscaux, assurer la bonne déclaration des revenus locatifs à Bali en France, gérer la documentation pour la création d’une PT PMA ou préparer une revente : chaque étape requiert rigueur et anticipation. Les contrôles s’intensifient sur les flux internationaux de capitaux et les propriétés détenues à l’étranger. Un oubli ou une erreur expose à des sanctions parfois lourdes, aussi bien à Bali qu’en France.
Il est conseillé de s’entourer d’experts locaux fiables, de tenir une documentation complète et de recouper systématiquement informations notariales, bancaires et fiscales. Les démarches doivent respecter un calendrier strict, notamment concernant la déclaration annuelle des résultats en Indonésie, distincte du calendrier français. En résumé, la meilleure sécurité pour pérenniser un investissement à Bali reste l’anticipation méthodique et le recours à un accompagnement professionnel adapté.

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